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C’est (pas) que de la mode : "Pourquoi moi, la fille à l’air distant, j’ai été bouleversée par le sourire d’Awar Odhiang chez Chanel"

Dans C’est (pas) que de la mode, notre chroniqueuse Charlotte Moreau explore la planète du style, un buzz à la fois. Aujourd’hui : la joie du mannequin canadien chez Chanel, devenu virale, montre qu’en matière de sourire, la fashion sphère a raison de ne pas le systématiser.
Annonçons la couleur d’emblée : moi j’aime les mannequins qui tirent la tronche à longueur de défilés. Parce que sans elles, aurais-je été bouleversée par le sourire irradiant d’Awar Odhiang au show Chanel ?
Bannir le sourire des podiums, pour mieux l’applaudir quand il surgit au bon moment sur la bonne personne… Oui, c’est un des énièmes snobismes de la fashion sphère, mais celui-là, il mérite qu’on s’y arrête un peu.
Étant propriétaire d’un air distant (la fameuse « resting bitch face ») 90% de mon temps - quand je réfléchis, écoute, travaille ou bulle devant Netflix…- j’ai une aversion naturelle pour les sourires de façade. Parce qu’un rien les sépare du rictus (Chucky ? Le clown de « Ça » ? Les Miss France ?), et parce que je ne me lasse pas d’être interpellée sur le sujet à chaque Fashion week. La moindre vidéo que je poste en direct depuis les shows soulève les éternelles mêmes colères : la maigreur des tops et leur morosité.
Car dans la mode on fait la gueule. L’argument est connu : sourire sur commande ça fait peuple et le luxe est affaire de prestige, de distance. Or comment vendre de la distance avec un faciès...



