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"Maudite du c**" : Sara Forestier (39 ans) dit tout haut ce qu'aucune star n'osera jamais dire, "le milieu du cinéma est…"

Sara Forestier n’a jamais été du genre à baisser les yeux. À 39 ans, l’actrice s’impose en effet comme une femme courageuse, engagée, qui refuse désormais de se taire. Après avoir dénoncé publiquement les violences présumées de Nicolas Duvauchelle à son encontre, elle franchit donc une nouvelle étape avec la publication de sa première bande dessinée, Maudite du cul, un récit autobiographique aussi frontal que nécessaire. À travers le dessin, elle raconte ainsi l’histoire d’une jeune actrice jetée trop tôt dans la gueule du loup et d’un milieu qu’elle décrit comme profondément patriarcal, complaisant avec les agresseurs et destructeur pour celles qui osent parler.
Une accusation qui a marqué le cinéma français
Il y a deux ans, Sara Forestier révélait avoir été frappée sur un tournage. « J’ai été giflée et j’ai quitté le film », expliquait-elle, évoquant Bonhomme de Marion Vernoux, tourné en 2017, et désignant Nicolas Duvauchelle. Ces violences présumées auraient alors eu de lourdes conséquences : insomnies, détresse psychologique et même des envies de suicide. « Les femmes abîmées, on s’amuse à dire qu’elles sont folles », ajoutait-elle. Une phrase qui résonne encore aujourd’hui à la lumière des attaques subies par d’autres actrices comme Adèle Haenel.
Un titre particulièrement évocateur
Dans les colonnes du magazine Trois Couleurs, Sara Forestier explique donc le sens de ce titre volontairement cru. « Cette bande dessinée qui est mon premier livre s’appelle Maudite du cul, car c’est ce que je suis », affirme-t-elle en effet sans détour. Elle va même plus loin : « Si je devais donner un conseil aux jeunes femmes qui veulent devenir actrices, je leur dirais : ne le devenez pas. Ou alors, protégez-vous au maximum ». Un avertissement glaçant, qui illustre sa vision d’un milieu où les agressions sont banalisées et les bourreaux souvent érigés en génies intouchables.
« Le milieu du cinéma est… » violent et déréglant
« Maudite du c** » traverse tout l’ouvrage comme un cri de colère. Sara Forestier insiste également sur l’impact physique et psychique du métier : « Le corps d’une actrice ne fait pas la différence entre ce qui est vrai et ce qui est faux ».
Se mettre dans des états émotionnels extrêmes sur commande serait ainsi, selon elle, profondément déréglant, surtout pour de jeunes femmes mal préparées à cette violence invisible.
L’angle mort du droit du travail
L’actrice pointe un autre scandale : l’absence quasi totale de l’inspection du travail sur les plateaux. « Pourquoi le droit du travail n’est-il pas strictement appliqué dans le cinéma ? », interroge-t-elle en effet. Accidents, agressions sexuelles, harcèlement, selon elle, tout est minimisé. Elle affirme même n’avoir « jamais vu un inspecteur du travail sur un plateau » en vingt ans de carrière, malgré la gravité des faits dénoncés.
Une parole libérée, mais un combat loin d’être gagné
Aux côtés de Judith Godrèche, Adèle Haenel, Juliette Binoche ou des plaignantes de Gérard Depardieu, Sara Forestier regrette donc que #MeToo n’ait pas profondément transformé le système. Les enquêtes internes biaisées et le silence imposé aux victimes persistent en effet. Aujourd’hui pourtant, elle affirme se sentir « totalement libérée ».
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