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Nicole Croisille : ses propos sur la fin de vie et le refus de finir en Ehpad relancent le débat

Nicole Croisille est morte à Paris le 4 juin 2025, à 88 ans, des suites d'une longue maladie. Quelques semaines plus tôt, la voix de Cha-ba-da-ba-da expliquait avoir choisi une euthanasie en Belgique pour décider de sa fin, loin de l'image d'une fin de vie dépendante en Ehpad. En effet, ses mots ressurgissent alors que la France vient de voter une loi sur le "droit à l'aide à mourir". Pour ce faire, dans un ultime entretien accordé au magazine Elle, la chanteuse racontait son cancer du foie : "Ça a commencé juste après le confinement." Deux tumeurs, opérations, chimiothérapie, radiothérapie, sans résultat. Elle a alors tranché : "J’ai dit 'ça suffit'." Elle disait refuser la décrépitude et surtout déclarait : "Je ne veux pas devenir dépendante, encore moins être un poids", des mots lus comme un refus de "finir en Ehpad" qui ravivent le débat sur la fin de vie.
Nicole Croisille euthanasie : un choix assumé
Figure populaire de la variété française avec Parlez-moi de lui ou Téléphone-moi, Nicole Croisille décrivait une "double tumeur au foie" qui résistait à tous les protocoles, rappelle le média BFMTV. Par ailleurs, après des mois d'hospitalisations et d'effets secondaires, elle a assumé l'arrêt des traitements lourds, préférant préparer sa sortie plutôt que subir l'acharnement thérapeutique.
Son projet de mourir par euthanasie a pris forme au CHR de Namur, où elle disait avoir trouvé des soignants "extraordinaires". La procédure, rappelait-elle, restait encadrée et révocable : "Il faut vraiment le vouloir." Sur son agenda, le 4 juin était noté "Le grand départ". Une aggravation le 1ᵉʳ juin l'a pourtant conduite en clinique parisienne, où elle a reçu une sédation profonde selon la loi Leonetti avant de s'éteindre trois jours plus tard.
Refus de l’Ehpad et de la dépendance
La chanteuse tenait à rappeler que sa décision n'était ni un appel au secours ni un geste contre ses proches : "Je suis libre. Je n’ai pas de famille à qui je jouerais un mauvais tour." "Je ne veux pas de la décrépitude. La décrépitude sonne le glas !" résumait-elle, visant la lente dégradation physique et la dépendance souvent associées aux Ehpad et aux fins de vie institutionnalisées.
Jusqu'au bout, elle se disait lucide, continuant à "ranger, trier, transmettre". "Intellectuellement, rien n’a changé, je n’ai jamais que 88 ans…" glissait-elle avec humour, regrettant presque de n'avoir jamais joué de "vieux rôle", selon l'équipe de Marie France. En toile de fond, une angoisse largement partagée : celle de devenir un poids pour ses proches ou pour des équipes débordées en établissement, plus encore que la peur de la mort elle-même.
Loi sur l’aide à mourir et modèle belge
Le vote du droit à l'aide à mourir à l’Assemblée nationale, le 27 mai 2025 (305 voix contre 199), tombe quelques jours avant sa disparition. La loi permet à un patient atteint d’une maladie grave et incurable d’obtenir une substance létale qu’il s’administre lui-même, un tiers n’intervenant qu’en dernier recours. Nicole Croisille, elle, est morte sous sédation Leonetti et pointait un autre verrou : "La religion, c’est ça qui bloque. On ne peut pas faire ce que l’on veut de sa vie."
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