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Écartée d'un film pour ses origines, Leïla Bekhti dénonce le racisme au cinéma : "Femme voilée, soumise..."

Figure emblématique du cinéma français, Leïla Bekhti enchaîne les tournages depuis le début des années 2000. De Ma Mère, Dieu et Sylvie Vartan à Tout ce qui brille en passant par Je verrai toujours vos visages, Chanson douce ou La Nouvelle Femme, l'actrice de 41 ans ne compte plus les succès dans lesquels elle a eu la chance de jouer. Ce dimanche 16 novembre 2025, elle était d'ailleurs de retour sur les écrans avec la diffusion de La Lutte des classes sur France 2. Un film de Michel Leclerc sorti en 2019, dans lequel elle donnait la réplique au talentueux Édouard Baer.
Leïla Bekhti victime de racisme
Si Leïla Bekhti est aujourd'hui l'une des actrices les plus célèbres de l'Hexagone, son chemin vers le succès a été semé d'embûches. Il y a des années, elle aurait même été écartée d'un long-métrage en raison de ses origines algériennes. Une injustice sur laquelle elle avait souhaité revenir dans les colonnes du magazine Marie Claire en 2021, à l'occasion de la journée de la femme. "Je n’ai pas raconté cette histoire à ma famille, de peur que tout le monde s’inquiète et pense 'oulah, ça va être dur pour elle ce métier'", avait confié la jeune maman.
"On n’avait pas prévu que ce soit une rebeu qui ait le rôle"
À l'époque, Leïla Bekhti était arrivée en "finale d’un casting". Mais alors qu'elle pensait pouvoir décrocher le rôle, le réalisateur n'était pas passé par quatre chemins pour l'évincer du projet : "Écoute, t’as fait de super essais, mais on n’avait pas prévu que ce soit une rebeu qui ait le rôle", lui avait-il lancé. Des mots particulièrement violents pour l'épouse de Tahar Rahim : "Il m’a lancé ça de manière presque gentille et bienveillante, sans se rendre compte de la violence du truc. Alors, moi, j’ai répondu un 'désolée', comme si j’avais une maladie, avant de raccrocher. Je n’avais pas la répartie d’aujourd’hui".
"Le cliché femme voilée, soumise, je n’en peux plus"
Bouleversée par cet appel, Leïla Bekhti avait tout de même fini par régler ses comptes avec le réalisateur : "Je l’ai rappelé pour lui dire 'En fait, je suis désolée pour toi, et surtout, je suis bien contente de pas faire ton film'." Et si l'actrice a connu des discriminations comme celles-ci, elle a aussi reçu bien trop de propositions de rôle en rapport avec ses origines. "Le cliché femme voilée, soumise, par exemple, je n’en peux plus. (...) Pourquoi certains réalisateurs stigmatisent ainsi les communautés ? (...) Non, on ne mange pas le couscous avec les pieds, et non, la sonnette de notre porte n’est pas un youyou", avait-elle pesté. Heureusement, son talent a prévalu sur les préjugés, et Leïla Bekhti a réussi à s'imposer parmi les actrices les plus reconnues.
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