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Enfant des années 90, j’ai appris à m’ennuyer (et c’était une chance)

Enfant des années 90, j’ai appris à m’ennuyer (et c’était une chance)
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À l’ère du scroll infini, l’ennui est devenu l’ennemi à abattre, surtout chez les enfants. Alors que l’Assemblée nationale a voté pour l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, on se pose la question… Et si l’ennui était au contraire un espace de liberté, de créativité et de construction de soi ?

Pourquoi avons-nous si peur de  l’ennui ? Les yeux rivés sur nos écrans de téléphone, j’ai parfois la sensation d’être à la merci du moindre éclat de lumière bleue… Une vibration, un scroll, et mon cerveau s’éveille : le stimulus est immédiat, la récompense rapide. En l’espace d’une seconde, j’ai échappé au vide qui me terrorise. Rien de plus normal, quand on sait que le scrolling génère une véritable décharge de dopamine dans le cerveau. Les enfants aussi succombent à la facilité. Autour de moi, je les vois réclamer, des étoiles dans les yeux, le téléphone, comme je réclamais autrefois une histoire à ma mère. Et c’est toujours un pincement au cœur que de voir ça. Chez eux, je perçois une peur panique de l’ennui comme si le vide leur était devenu insupportable. Je dirais même inenvisageable. En début de semaine, le vote à l’Assemblée nationale de l’ interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans a fini de démontrer la problématique des écrans qui inquiète (à raison) tous les parents.

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