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Patrick Sébastien face aux députés, accusations explosives et défense musclée de France Télévisions

Le 31 mars 2026, l’audition de plusieurs figures de la télévision française à l’Assemblée nationale a pris des allures de règlement de comptes public. Devant la commission d’enquête sur l’audiovisuel public, Patrick Sébastien, Jacques Cardoze et Michel Drucker ont été entendus pendant près de trois heures. Au cœur des échanges : l’éviction de l’ancien animateur du Plus grand cabaret du monde en 2019 et les accusations visant la présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte. Ce moment très attendu a rapidement dépassé le simple cadre institutionnel. Entre accusations, insinuations et défense appuyée du service public, les députés ont assisté à une confrontation révélatrice des tensions internes qui traversent le groupe audiovisuel.
Patrick Sébastien dénonce son éviction de France Télévisions
Selon Libération, Patrick Sébastien avait annoncé vouloir faire des révélations devant les députés. Dès son introduction, il a déclaré : "Je vais pas faire un panégyrique de tout ce que j’ai fait, et Dieu sait que j’ai fait des choses intéressantes." L’animateur, évincé en 2019 après vingt-trois ans sur France 2, est revenu sur les conditions de son départ. Il a ainsi affirmé : "Jusqu’à l’arrivée de Delphine Ernotte, tout était humain et correct", avant d’ajouter : "Il y a eu cette fameuse phrase des hommes blancs de plus de 50 ans. Je ne convenais pas à Mme. Ernotte. […] On m’a viré dans des conditions particulières. On m’a même pas parlé, même pas envoyé un mot, on l’a dit à ma femme qui était chargée de me le transmettre."
Alors que la direction avait évoqué une baisse d’audience pour justifier l’arrêt de ses émissions, Patrick Sébastien a balayé cet argument : "Les audiences ? Un faux prétexte absolu." Il a également insinué l’existence de pressions et de favoritismes, déclarant : "Des gens comme Mme. Ernotte sont intouchables" et "on a voulu se débarrasser de moi parce que j’ai pas la carte, je rentre pas dans les codes, je suis un artiste un peu incontrôlable."
Jacques Cardoze évoque des “gros chèques” et des “protocoles d’accords”
Toujours d’après Libération, Jacques Cardoze a lui aussi pris la parole pour dénoncer certaines pratiques internes. L’ancien présentateur de Complément d’enquête a laissé entendre que des "gros chèques" auraient été versés dans le cadre de "protocoles d’accords" destinés à faire taire des affaires de "déviances sexuelles".
Relancé à plusieurs reprises par les membres de la commission, il a toutefois refusé de donner des noms : "Je n’ai pas de noms à vous donner, je ne vous en donnerai pas !" Ces déclarations ont contribué à renforcer le climat tendu de l’audition.
Michel Drucker défend Delphine Ernotte et le service public
En contraste avec ces accusations, Michel Drucker a adopté un ton bien différent. Fidèle au groupe public, il a lancé avec humour : "Je n’ai pas fait l’ENA, j’ai fait l’INA !" Avant d’être catégorique : "Vous ne me ferez pas dire du mal de Delphine Ernotte."
L’animateur, qui s'est prononcé sur le décès de Loana, a rappelé le soutien reçu après ses problèmes de santé en 2023 : "Si j’avais été dans le privé, j’aurais déjà été aux oubliettes." Pour lui, France Télévisions reste une "grande réussite qui gêne beaucoup les chaînes privées", un groupe pas "plus à droite qu’à gauche". Il a enfin transmis un message aux députés : "Tous les personnels de France Télévisions ont été profondément blessés, très peinés par ce qu’ils ont entendu ici ces dernières semaines."
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