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Patrick Bruel présumé innocent : ce "totem d’immunité brandi à tort et à travers" ulcère ce professeur de droit privé

L'affaire Patrick Bruel continue de prendre de l'ampleur. Le chanteur de 67 ans, visé par plusieurs plaintes et témoignages de femmes l'accusant de violences sexuelles, a récemment été placé en garde à vue dans le cadre des investigations en cours.
Un professeur de droit privé tape du poing sur la table
Une étape judiciaire particulièrement scrutée, alors que certains observateurs évoquent désormais l'hypothèse d'un éventuel placement en détention provisoire si la procédure venait à franchir un nouveau cap. À ce stade, aucune décision de cette nature n'a été prise et Patrick Bruel conteste fermement les faits qui lui sont reprochés. Dans ce contexte particulièrement sensible, les débats autour de la présomption d'innocence occupent une place centrale. Entre ceux qui réclament une mise à l'écart immédiate des personnalités concernées et ceux qui estiment qu'aucune conséquence ne devrait intervenir avant un jugement définitif, la question divise profondément l'opinion publique. C'est précisément sur ce sujet que Nicolas Molfessis, professeur de droit privé à l'Université Paris-Panthéon-Assas et secrétaire général du Club des juristes, a souhaité apporter un éclairage. Dans une tribune publiée par Le Club des Juristes, il revient sur l'usage parfois détourné de ce principe fondamental du droit français.
La présomption d'innocence dans l'affaire Bruel
Selon lui, la présomption d'innocence ne saurait être invoquée comme un argument permettant de neutraliser toute réflexion éthique ou institutionnelle. "La présomption d'innocence est brandie à tort et à travers comme un totem d'immunité, certes provisoire, mais qui justifierait que tout puisse continuer comme avant tant qu'il n'y a pas eu de décision de justice définitive", écrit-il. Le juriste observe notamment que cette interprétation est régulièrement mobilisée lorsqu'une personnalité publique continue ses activités malgré des poursuites ou des accusations graves. Il évoque ainsi le cas des spectateurs ayant défendu le maintien des représentations théâtrales auxquelles participe Patrick Bruel. "Cette approche est bien connue : elle explique que certains spectateurs de la pièce dans laquelle joue Patrick Bruel aient souhaité affirmer qu'il n'y a aucune raison que les représentations ne continuent pas et qu'ils n'y assistent pas", poursuit Nicolas Molfessis.
Le chanteur a pu poursuivre ses activités artistiques durant de longues semaines
Pour lui, la question dépasse largement le seul cadre artistique. Le professeur établit d'ailleurs un parallèle avec la sphère politique. "Toutes choses égales par ailleurs, on retrouve là ce qui a justifié le maintien au Gouvernement de ministres mis en examen", souligne-t-il. Une manière d'illustrer les tensions permanentes entre exigences judiciaires, responsabilité publique et appréciation morale. Cette prise de position intervient alors que Patrick Bruel poursuit certaines de ses activités professionnelles, malgré la tempête médiatique qui l'entoure. Le chanteur rappelle de son côté qu'il bénéficie, comme tout justiciable, de la présomption d'innocence tant qu'aucune condamnation définitive n'a été prononcée à son encontre.
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