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"Patrick Bruel, oui, Enrico Macias, non" : les deux artistes traités différemment en Algérie malgré leur identité commune

Enrico Macias et Patrick Bruel sont deux figures emblématiques de la musique française. Évoluant à des époques différentes, ils ont néanmoins réussi à marquer, chacun à sa façon, la culture populaire française. Cependant, ce n’est pas la seule chose que les deux artistes ont en commun. En effet, Enrico Macias et Patrick Bruel sont tous les deux d’origine algérienne. Leurs points communs ne s’arrêtent pas là, vu qu’ils sont tous d’origine juive. Toutefois, l’un est très apprécié dans son pays d’origine pendant que l'autre reste persona non grata. Cette différence de traitement s’est fait ressentir lors de la dernière visite de Patrick Bruel dans son pays d’origine.
Patrick Bruel sur les terres de ses ancêtres
Le chanteur de 67 ans ne s’est pas contenté d’une petite visite privée. En effet, la star a fait une tournée dans quelques villes du pays des Fennecs. Le chanteur de 67 ans a commencé par visiter sa ville natale, Tlemcen. Ensuite, il s’est rendu à Oran avant de clore sa tournée à Alger, la capitale.
Le chanteur qui se bat depuis de nombreuses années contre l'antisémitisme a même partagé son voyage sur ses réseaux sociaux. La présence de Patrick Bruel n’était pas seulement la réalisation d’un rêve d’enfant, mais également une déclaration de l’Algérie. Effectivement, en accueillant chaleureusement le chanteur français, l’Algérie consolide son statut de pays tolérant et non antisémite. Un geste très évocateur lorsqu’on sait qu’Enrico Macias y est encore persona non grata.
Enrico Macias : l’indésirable
Comme Patrick Bruel, Enrico Macias est juif algérien. Malgré cette similitude, il n'est pas le bienvenu dans son pays d’origine. La cause ? Le chanteur de 87 ans y est assimilé comme un “sioniste”. “Il y a beaucoup de rancœurs et d’incompréhension. « Pour de nombreux Algériens, Macias est assimilé à un partisan invétéré d’Israël, du sionisme et de l’occupation de la Palestine", a déclaré Abdou Semmar, journaliste algérien indépendant.
Selon lui, les idéaux du chanteur né à Constantine sont trop radicaux pour une Algérie qui se veut plus tolérante. Même s’il a déjà fait de nombreuses sorties en faveur de la paix dans les deux pays, ses idéaux ne sont pas les bienvenus. Malgré un fort désir de se produire dans son pays d’origine, Enrico Macias n’aura pas l’occasion de faire comme Patrick Bruel, poser les pays à Alger.
Une Algérie qui se bat contre le sionisme
Dans un pays où la majorité de la population est musulmane, le gouvernement continue néanmoins de faire de son mieux pour se montrer favorable aux autres religions. En effet, l’Algérie a toujours soutenu le combat de la Palestine. D’ailleurs c’est l’une des raisons pour lesquelles elle a préféré accueillir Patrick Bruel au lieu d’Enrico Macias. Contrairement au chanteur de 67 ans, son compatriote est “défavorable à la création d’un État palestinien”. Le fait que les Juifs soient minoritaires en Algérie renforce le besoin du gouvernement de se rapprocher de la communauté. Si le pays des fennecs a affirmé qu’il n’était pas antisémite, il précise toutefois qu’il est antisioniste.
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