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Nicolas Demorand interné de force à cause de sa bipolarité : "La parole ça fait du bien mais ça ne guérit pas"

Quelques mois après avoir quitté l'antenne de la matinale de France Inter, partagée avec Léa Salamé, Nicolas Demorand revient progressivement sous le feu des projecteurs. Le journaliste, qui avait bouleversé de nombreux auditeurs en révélant publiquement sa bipolarité, poursuit aujourd'hui son travail de sensibilisation avec un nouveau projet personnel.
Nicolas Demorand révèle avoir été interné de force
À l'occasion de la sortie de son podcast Si besoin, il s'est confié avec une grande sincérité sur les épisodes les plus difficiles de sa maladie, évoquant notamment ses hospitalisations et son internement sous contrainte. Invité de la matinale de France Inter, désormais présentée par Florence Paracuellos, Nicolas Demorand a d'abord donné des nouvelles rassurantes de son état de santé. Après plusieurs mois particulièrement éprouvants, il assure aller mieux. "Ça va plutôt pas mal", confie-t-il, avant d'admettre être lui-même surpris de pouvoir prononcer ces mots. Le journaliste reconnaît toutefois que cette amélioration reste fragile. "Il y a quelques semaines encore je n'aurais pas pensé le dire aussi simplement", explique-t-il. Si les périodes les plus sombres semblent désormais derrière lui, l'inquiétude demeure. "J'ai toujours une pointe d'inquiétude mais je profite de l'état dans lequel je suis", ajoute-t-il avec lucidité.
"Ça a été une erreur absolue et un échec total"
Quelques mois avant son retrait de l'antenne, Nicolas Demorand avait déjà décidé de briser le silence autour de sa bipolarité dans son livre Intérieur nuit. À l'époque, il pensait que cette prise de parole publique pourrait l'aider à reprendre le contrôle sur la maladie. Avec le recul, il reconnaît avoir sous-estimé sa complexité. "Je pensais que le fait d'en avoir parlé à visage découvert allait me donner une forme d'immunité contre la maladie", explique-t-il aujourd'hui. Avant d'ajouter : "Je pensais que la parole était un médicament magique qui dissiperait la bipolarité. Ça a été une erreur absolue et un échec total." Une désillusion qu'il résume en une phrase forte : "La parole ça fait du bien mais ça ne guérit pas." L'ancien animateur de France Inter raconte également avoir été surpris par l'aggravation soudaine de son état.
L'animateur se confie sur ses soins
Au fil de ses séjours à l'hôpital, il a découvert une réalité qu'il ignorait jusqu'alors : la bipolarité peut évoluer et s'intensifier malgré les années. Parmi les souvenirs les plus marquants de cette période figure son hospitalisation sous contrainte. Une décision prise par ses proches alors qu'il n'était plus en capacité de prendre soin de lui-même. "Je n'étais pas en état de prendre mes propres décisions pour ma santé", reconnaît-il. Il décrit une expérience difficile mais nécessaire. "On m'avait enlevé les lacets de mes baskets, toutes mes affaires", se souvient-il. Malgré le sentiment de dépossession qui accompagne ce type de prise en charge, Nicolas Demorand estime aujourd'hui que cette contrainte lui a probablement sauvé la vie. "S'il n'y avait pas eu cet élément de contrainte, je ne l'aurais pas été", affirme-t-il à propos des soins reçus.
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