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Karin Viard, à 60 ans : "On m'a demandé de me déshabiller", son coup de gueule face au patriarcat

Sur le plateau du journal de 20 heures de France 2, Karin Viard n’a pas mâché ses mots. Invitée à s’exprimer sur la lutte contre les violences faites aux femmes, la comédienne de 60 ans a en effet livré un témoignage personnel et politique. Face aux caméras, elle a ainsi dénoncé sans détour le patriarcat, qu’elle qualifie de « violence faite aux femmes », tout en pointant le fléau persistant des féminicides. Une prise de parole forte, à une heure de grande écoute, qui dépasse largement le cadre du cinéma.
Un engagement féministe affirmé en direct
C’est avec gravité que Karin Viard a rappelé que la lutte contre les féminicides ne saurait être reléguée à un simple débat militant. Selon elle, il s’agit d’un enjeu de société majeur, révélateur d’inégalités profondément ancrées. Ecarts de salaires, violences économiques, domination symbolique, pressions sociales, ces discriminations ont atteint un niveau systémique. À ses côtés, la journaliste Léa Salamé a écouté attentivement un propos rare dans un JT.
L’actrice césarisée a évoqué la montée du masculinisme et la banalisation inquiétante des discours misogynes, notamment en ligne. Des phénomènes qui, pour elle, nourrissent un climat délétère qui favorise le passage à l’acte et la répétition des violences.
Des violences longtemps banalisées
Karin Viard ne s’est pas contentée d’une analyse théorique. Elle a en effet également parlé d’elle : « Moi-même, j’ai vécu beaucoup de violences, et j’ai tout accepté, sans trouver cela anormal ». Une phrase lourde de sens, qui illustre combien ces violences peuvent être intériorisées, minimisées, voire normalisées par celles qui les subissent. Le confinement, a-t-elle rappelé, a mis en lumière l’ampleur des violences conjugales, avec une augmentation préoccupante des signalements. Les féminicides, loin d’être des faits divers isolés, s’inscrivent tout autant dans un système où les rapports de domination persistent.
Le cinéma, miroir d’un système patriarcal
L’actrice a également pointé du doigt son propre milieu professionnel. Dans le cinéma, affirme-t-elle, les violences sont « systématiques » et relèvent d’un véritable système. Des affaires récentes, impliquant des figures majeures du septième art, ont d’ailleurs mis en lumière ces dérives. Karin Viard a ainsi évoqué l’hypersexualisation des jeunes comédiennes dans les années 1990. Elle se souvient notamment d’un casting pour le film La Nage indienne de Xavier Durringer : « On m’a demandé de me déshabiller. J’étais toute nue ». Dans une salle remplie d’hommes, elle devait mimer des scènes à connotation sexuelle : « C’était le lot commun de toutes les actrices françaises des années 90 ».
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