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"Je veux en être" : Michel-Edouard Leclerc (73 ans) franc sur ses fantasmes et ce "concours de quéquettes" élyséen

Depuis plusieurs mois, Michel-Édouard Leclerc occupe l’espace médiatique avec une régularité frappante. Interviews, plateaux télé et tribunes, le patron emblématique de la grande distribution commente sans détour l’état de l’économie française. Loin d’évoquer une crise passagère, il décrit ainsi une transformation profonde et durable des comportements. Selon lui, la société française est entrée dans une phase d’attentisme généralisé : « Les Français n’arbitrent plus comme avant : ils repoussent, ils attendent, ils économisent par peur, pas par stratégie ».
Michel-Édouard Leclerc, omniprésent dans le débat public
Contrairement aux idées reçues, Michel-Édouard Leclerc ne possède aucun magasin. Depuis plus de quarante ans, il incarne la voix d’un modèle coopératif imaginé par son père, Édouard Leclerc. Les 600 centres du groupe appartiennent à des commerçants indépendants, réunis au sein d’une coopérative qui mutualise achats, logistique et image de marque. Lui a choisi le rôle de porte-étendard, incarnant l’esprit du mouvement sans en détenir les clés financières. Une position singulière qui lui permet une grande liberté de ton.
Une colère assumée
Invité récemment sur « Good Morning Business », Michel-Édouard Leclerc n’a pas masqué son exaspération. Il dénonce une économie à bout de souffle et une classe politique incapable de répondre à l’urgence sociale. « On sait qu’il y a un problème de pouvoir d’achat », rappelle-t-il ainsi en évoquant le million de Français supplémentaires passés sous le seuil de pauvreté depuis le début des années 2020. Selon lui, le véritable tabou reste la question des salaires : une stagnation qui freine la consommation et nourrit le découragement.
L’envie d’y aller, sans faux-semblants
C’est sur France info, en octobre dernier, que Michel-Édouard Leclerc a surpris en évoquant clairement la présidentielle de 2027. « J’ai envie d’en être », lâche-t-il, tout en dénonçant le « concours de quéquettes » entre prétendants. Pour le septuagénaire, la politique doit retrouver le sens du projet collectif et sortir des jeux d’ego. Une prise de position rare pour un homme d’affaires, mais révélatrice d’une ambition longtemps murmurée.
Une vision économique cohérente et critique
Sur le budget 2026, Michel-Édouard Leclerc se montre ferme : pas de nouvelles taxes sans plan clair d’économies et de gestion. Il critique également certains chefs d’entreprise trop dépendants des aides publiques, appelant à une économie plus autonome, fondée sur la stabilité et la vision à long terme. Une analyse que nos confrères de Melty ont récemment qualifiée de « discours de rupture, à mi-chemin entre patronat et politique », soulignant l’écho grandissant de ses prises de position dans l’opinion publique.
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