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"J'ai très peur" : à 45 ans, Arnaud Toupense brise le silence, un témoignage fort qui fait écho à des inquiétudes partagées

Depuis le triomphe en salles de la comédie Un p’tit truc en plus d’Artus, vue par 10,8 millions de spectateurs selon Purepeople, le public suit de près le destin de ses comédiens porteurs de handicap. La diffusion sur M6 du film puis du documentaire Un p’tit truc en plus, bien plus qu’un film a fait surgir une annonce brutale : l’un d’eux apprend qu’il est atteint de la maladie d’Alzheimer à seulement 45 ans et confie au Parisien : "J’ai très peur, quand je l’ai appris, j’ai beaucoup pleuré." Ce comédien, c’est Arnaud Toupense, acteur porteur de trisomie 21, passé de serveur au Café Joyeux à révélation du cinéma français. Dans l’interview accordée à Pluriel et relayée par Programme TV, il confirme son diagnostic par un simple "Oui, ça c'est vrai par contre". Ses mots résonnent avec l’angoisse de nombreux Français face à la mémoire qui flanche et à la dépendance qui arrive trop tôt.
Quand Arnaud Toupense met des mots sur Alzheimer à 45 ans
Avant cette annonce, Arnaud Toupense menait une vie rythmée entre son travail au Café Joyeux, sa passion pour Dalida et le tournage de Un p’tit truc en plus. Dans le documentaire de M6, les caméras le suivent dans sa chambre où il montre fièrement ses objets à l’effigie de la chanteuse. Puis, dans une voiture, le ton change d’un coup : "J’ai un problème dans la tête", dit-il dans le documentaire Un p’tit truc en plus, bien plus qu’un film, selon Gala.
La séquence se fait encore plus dure quand il ajoute, toujours : "J’ai peur de ça maintenant… Je perds l’équilibre en plus." Puis "Donc pour moi, c’est encore plus dur et ça me rend nerveux." Il évoque ses troubles de mémoire dont souffrait Nathalie Baye, sa nervosité, cette impression de sol qui se dérobe. Dans l’interview Pluriel, il résume ce vertige en une phrase brute : "Moi, je meurs de trouille et je perds ma mémoire et je pleure à la fin."
Autour d’Arnaud Toupense : trisomie 21, Alzheimer et peur de l’avenir
Le cas d’Arnaud Toupense éclaire une réalité peu connue : selon la Fondation Recherche Alzheimer, citée par Purepeople, environ 2 % de la population française serait touchée par une démence de type Alzheimer, et le risque serait au moins vingt fois plus élevé chez les personnes porteuses de trisomie 21. Pour lui, le diagnostic ne tombe pas seulement tôt, il s’ajoute à un handicap déjà présent, ce qui nourrit encore davantage la peur de "perdre l’équilibre".
Face à cette annonce, la mère d’Arnaud joue un rôle central. Dans le documentaire de M6, rapporté par Gala, Chantal explique à voix basse : "Je sais que je n’ai plus de temps à perdre. On ne gaspillait pas notre temps, mais là, encore moins." Sa phrase résume le choc pour les proches, ces aidants qui ajustent tout : projets, travail, énergie, pour accompagner un enfant devenu adulte que la maladie menace de priver de repères.
Comment Arnaud Toupense essaie de rester acteur de sa vie
Pour tenir, Arnaud Toupense s’accroche aux activités qui lui font du bien : poterie, chant, randonnée, selon Le Parisien. Il continue aussi à tourner, du téléfilm Panique au grand magasin à une apparition dans Scènes de ménages, et rêve de films d’horreur. L’idée est claire : rester un acteur, pas seulement un patient, continuer à exister aux yeux des autres autrement que par la maladie.
Pour celles et ceux que cette histoire inquiète pour leur propre mémoire, les spécialistes rappellent que le premier réflexe reste le médecin traitant, qui peut orienter vers une consultation mémoire. Des associations comme France Alzheimer ou la Fondation Recherche Alzheimer proposent écoute, informations et groupes de parole. L’enjeu, pour beaucoup de familles, est de ne pas rester seules avec cette peur que les mots d’Arnaud ont si franchement mise sur la table.
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