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Impôts : Installé au Portugal, Éric Cantona justifie son exil fiscal, "Où est le problème ?"

Impôts : Installé au Portugal, Éric Cantona justifie son exil fiscal, "Où est le problème ?"
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Installé à Lisbonne depuis 2016, Éric Cantona n’a jamais fui les polémiques. L’ancien attaquant emblématique répond frontalement aux accusations d’exil fiscal, nées de son départ vers le Portugal, un pays réputé pour ses avantages fiscaux. Dans une interview accordée à Yahoo Sports, il défend son choix de vie tout en affirmant continuer à contribuer largement aux finances françaises. Dans le détail, ce départ ne se limite pas à une simple question d’argent. Entre revendication personnelle, désaccord politique et trajectoire internationale, Cantona expose une vision bien plus large de sa situation. Sa compagne, Rachida Brakni, évoque d’ailleurs un malaise lié au climat politique en France, confirmant que cette décision s’inscrit dans un contexte plus profond.

Une installation au Portugal sous le feu des critiques

D’abord, l’installation d’Éric Cantona au Portugal a rapidement suscité des réactions. Le pays attire depuis plusieurs années des profils aisés grâce à une fiscalité avantageuse, notamment pour les étrangers. Ce contexte a naturellement alimenté les soupçons d’exil fiscal. Face à ces critiques, l’ancien joueur de Manchester United a choisi de répondre sans détour :

"Les gens font ce qu'ils veulent. Qu'ils aient le rapport que j'ai moi avec l'argent, et le rapport que mon argent a avec le peuple, et après on parlera. Parce que je continue de payer, avec mes sociétés, beaucoup d'impôts en France, et beaucoup plus que 99 % des gens en France. J'ai le droit de dire ce que je veux, où je veux et quand je veux. Et s'ils ne sont pas contents, c'est pareil !" Ainsi, Cantona insiste sur un point central : il continue de payer des impôts en France, malgré sa résidence au Portugal.

Une décision aussi marquée par le contexte politique

Ensuite, le départ de Cantona s’inscrit dans une période de tensions politiques en France. À l’époque, le débat autour de la déchéance de nationalité a profondément marqué son entourage. Rachida Brakni, qui ouvrait les portes de leur maison, confiait : "J'aime profondément mon pays, mais j'ai ressenti le besoin de le quitter quand il a commencé à être question de déchéance de nationalité."

Elle précisait également : "Je reviendrai en France parce que j'aime ce pays et qu'il est peuplé de gens merveilleux qui font contrepoids. Mais là, comme en amour, j'ai besoin de mettre de la distance pour mieux revenir." Par ailleurs, Cantona s’était déjà illustré par ses prises de position, notamment sur la question des migrants, critiquant la politique menée sous François Hollande. Ce contexte a contribué à renforcer son envie de prendre ses distances avec la France, au moins temporairement.

Un parcours international revendiqué

Enfin, l’ancien international français met en avant une carrière largement construite à l’étranger. Il explique : "Depuis que j'ai arrêté le football, 80 % de l'argent que je gagne vient de l'étranger, avec une image que je me suis construite en Angleterre, et pas en France." Dans la continuité, il rappelle son rôle économique passé : "Pendant vingt ans, j'ai fait des cadeaux à la France, mais avec plaisir, en faisant rentrer l'argent de l'étranger en France et en le déclarant en France."

Dès lors, Cantona revendique une identité de citoyen du monde : "Je suis né en France, j'ai vécu en France, mais j'ai vécu aussi en Angleterre, en Espagne, à Barcelone. […] Je suis un voyageur, je vis où je veux. Aujourd'hui, je vis au Portugal. Où que je vive, j'ai toujours respecté les lois à mon avantage ou à mon désavantage. Je vis au Portugal, où est le problème ?" Dans cette logique, son installation au Portugal apparaît comme la continuité d’un parcours international, plus que comme une simple stratégie fiscale, rejoignant ainsi d’autres figures françaises installées à l’étranger comme Florent Pagny ou Gérard Depardieu.

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