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Gisèle Pélicot "alcoolique, complice et consentante" : salie par ses détracteurs, elle se défend bec et ongles

La justice se transforme souvent en une arène où la victime subit une seconde mise à mort symbolique. Ainsi, au procès hors norme qui s'est ouvert le 2 septembre devant la cour criminelle de Vaucluse, Gisèle Pélicot a dû endurer l'impensable. Droguée par son ex-époux Dominique Pélicot, violée pendant 10 ans par des dizaines d'inconnus, elle fait aujourd'hui face à des accusations qui la désignent comme coupable. La suite de son témoignage révèle davantage sur ce combat acharné.
« Je suis une femme totalement détruite » : le témoignage poignant de Gisèle Pélicot secoue la cour
Son témoignage était particulièrement attendu à mi-parcours du procès fleuve des viols de Mazan. Mercredi 23 octobre, Gisèle Pélicot a donc pris la parole avec une intensité bouleversante. « Je suis une femme totalement détruite », a-t-elle déclaré devant cette salle suspendue à ses lèvres. Elle a ainsi choisi de lever le huis clos afin « que toutes les femmes qui [sont] victimes de viol se disent 'Madame Pelicot l'a fait, on peut le faire' ».
Puis elle a ajouté avec force : « Je ne veux plus qu'elles aient honte. La honte, ce n'est pas à nous de l'avoir, c'est à eux. » Or, bien après ce scandale judiciaire retentissant, les policiers ont diffusé de nouvelles révélations issues des aveux de l'ex-compagnon, rallumant ainsi une polémique déjà ardente. Pourtant, derrière ces mots se cache une mécanique de stigmatisation encore plus brutale, que Gisèle Pélicot a dû affronter directement à la barre.
« On m'a dit que j'étais complice, consentante » : les femmes de la défense et les excuses inaudibles
Gisèle Pélicot a aussi évoqué les femmes de l'entourage des accusés venues témoigner favorablement à la barre. « J'ai vu ces femmes, ces mamans, ces sœurs, témoigner à la barre, par rapport au fait que leur fils, leur frère, leur père, leur mari était un homme exceptionnel », note-t-elle avec une amertume contenue. Elle a donc rétorqué avec clarté : « Moi, j'avais le même à la maison. Le violeur n'est pas celui qu'on rencontre dans un parking, tard le soir. »
Par ailleurs, concernant les attaques subies lors des audiences, elle a déclaré devant la cour : « On m'a dit que j'étais complice, consentante. On a même essayé de me dire que j'étais alcoolique. Il faut être solide pour être devant cette cour criminelle. » Quant aux excuses de certains accusés, elle les juge de manière catégorique : « Elles sont inaudibles. Car, quand ils s'excusent, ils s'excusent eux-mêmes. » Enfin, elle précise : « Ce n'est pas du courage, c'est de la volonté et de la détermination pour faire avancer cette société. » Dès lors, c'est vers Dominique Pélicot lui-même que Gisèle Pélicot a ensuite tourné son regard, pour une confrontation verbale d'une intensité rare.
Gisèle Pélicot face à Dominique Pélicot : « Tu as choisi les bas-fonds de l'âme humaine »
Gisèle Pélicot a alors directement pris la parole à quelques mètres de son ex-époux, les yeux rivés sur lui. « Je me suis préparée pendant quatre ans à ce procès. Mais je n'ai toujours pas compris pourquoi », a-t-elle confié d'une voix blanche. Elle a ensuite interpellé Dominique Pélicot avec une intensité déchirante : « Comment as-tu pu faire entrer des individus dans ma chambre à coucher ? Tu connaissais mon aversion pour l'échangisme. »
Puis elle a ajouté : « Nous avons eu trois enfants, sept petits-enfants. Comment a-t-il pu me trahir à ce point ? » Elle a également glissé : « Je ne sais pas si ma vie suffira pour arriver à comprendre. » Enfin, elle a conclu avec une assurance recouvrée : « Moi, j'ai toujours essayé de te tirer vers le haut, vers la lumière. Toi, tu as choisi les bas-fonds de l'âme humaine. » Bien après l'incarcération de Dominique Pélicot, Gisèle Pélicot s'est confiée sur sa reconstruction progressive et sur une nouvelle vie qu'elle construit, pas à pas, loin des ombres du passé.
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