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"Fiscalement Français", Patrick Bruel (66 ans) vide son sac sur "ce système ne va plus"

Star installée depuis plus de quarante ans, Patrick Bruel vit aujourd'hui entre la France et Los Angeles. Ses deux fils résident aux États-Unis avec Amanda Sthers, lui partage son temps entre Paris et le Sud. Avec un tel train de vie, la même question revient sans cesse : où ce chanteur à succès paie-t-il vraiment ses impôts ? À 66 ans, celui qui est au coeur de graves accusations répète pourtant qu'il paie ses impôts dans son pays. Depuis la campagne de François Hollande en 2012 jusqu'à sa prise de parole en plein mouvement des Gilets jaunes, il s'est dessiné une image de contribuable assumé mais lucide sur les inégalités. Un discours qui intrigue autant qu'il bouscule.
Patrick Bruel, un artiste qui revendique ses impôts en France
Le 1er décembre 2018, en plein mouvement des Gilets jaunes, Patrick Bruel est invité sur le plateau de "On n'est pas couché". Face aux chroniqueurs Charles Consigny et Christine Angot, il martèle : "Je suis en France. Je suis fiscalement français. J'habite en France. J'ai toujours payé mes impôts en France et je continuerai à le faire". Quelques minutes plus tard, il élargit la réflexion aux inégalités sociales : "Ces Gilets jaunes, ces gens qui ont besoin de faire entendre leurs voix… On s'aperçoit qu'on est au bout d'un système, au bout d'un cycle. On est dans un moment où nous devons repenser et reconstruire quelque chose […]. Le système ne va plus, ces inégalités sont beaucoup trop importantes et c'est impossible de laisser les choses comme ça. Et je suis content de payer mes impôts en France, je le précise". Il se place alors à la fois comme contribuable aisé et comme témoin d'un pays qu'il juge arrivé à la fin d'une période.
De la taxe à 75 % à la justice sociale, son éthique fiscale
Au même moment, pendant la campagne de François Hollande, Patrick Bruel, pris en étau par ces chefs d'accusation, s'est exprimé dans les colonnes du Nouvel Observateur sur la future taxe à 75 % visant les très hauts revenus. Il y défend une contribution élevée mais met en garde. "Il est évident que nous devons tous participer à un effort pour plus de justice sociale. Mais j'ai quand même le droit de penser que cette mesure est contre-productive, surtout quand le taux de 75 % peut atteindre 90% avec les autres prélèvements. Et d'ailleurs, je suis content de lire que le gouvernement réfléchit au moyen d'éviter que les entreprises et les particuliers ne se délocalisent. Cela ne ferait l'affaire de personne à un moment où il faut que les contribuables restent en France", confie-t-il alors.
Que signifie vraiment être fiscalement français pour lui ?
Concrètement, être fiscalement français signifie que l'administration considère que votre foyer, votre activité principale et vos intérêts économiques sont en France. Malgré ses allers-retours à Los Angeles, Patrick Bruel remplit ces critères : il vit et travaille surtout dans l'Hexagone, où il dit accepter de payer beaucoup pour financer une justice sociale qu'il juge pourtant mal organisée.



