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Affaire Patrick Bruel : pourquoi Mediapart accuse CNews d’avoir utilisé à son insu un entretien avec l’une de ses journalistes

Affaire Patrick Bruel : pourquoi Mediapart accuse CNews d’avoir utilisé à son insu un entretien avec l’une de ses journalistes
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L’affaire Patrick Bruel s’est déplacée sur le terrain médiatique. Mediapart accuse CNews d’avoir utilisé, à son insu, une interview de sa journaliste Marine Turchi dans un documentaire consacré aux accusations de violences sexuelles visant le chanteur. Dans un billet publié le 12 juin 2026, la présidente de publication Carine Fouteau dénonce des "pratiques contraires à toute éthique journalistique" et met en cause la chaîne d’information du groupe de Vincent Bolloré. Au centre de la polémique, un entretien tourné fin mai dans les locaux de Mediapart pour une équipe se présentant comme issue de RTL Belgique, alors que le documentaire Patrick Bruel : de séducteur à prédateur ? a finalement été diffusé sur RTL TVI le 9 juin, puis sur CNews le 12 juin au soir.

Une interview pour RTL Belgique qui atterrit sur CNews

Le 26 mai 2026, une équipe de tournage s’installe dans les locaux de Mediapart pour interroger Marine Turchi sur son enquête, publiée en mars, à propos des accusations visant Patrick Bruel. D’après le récit de Carine Fouteau, ces professionnels se présentent comme travaillant pour RTL Belgique, sans évoquer Genton Productions ni CNews, alors que la société de production de Guillaume Genton "diffuse régulièrement des longs formats notamment pour le magazine 100 % politique sur CNews".

Une fois le documentaire monté, il est programmé sur RTL TVI en Belgique le 9 juin, puis repris par CNews le 12 juin. Mediapart raconte avoir découvert ce soir-là, à l’antenne, l’entretien de sa reporter inséré dans un sujet où figure aussi la plaignante Sabine Langaret. "Mediapart et sa journaliste Marine Turchi dénoncent avec la plus grande virulence l’usage qui est fait de ces propos diffusés à notre insu"écrit Carine Fouteau, selon franceinfo qui rejette "tout lien" avec CNews, qualifiée de "danger pour notre démocratie", et prévient : "Nous nous réservons la possibilité de poursuivre devant la justice ces méthodes".

Des témoins de l’affaire Bruel qui parlent de tromperie

Autour de Marine Turchi, plusieurs intervenants disent avoir été pris dans le même dispositif. Une journaliste de Elle, la plaignante Sabine Langaret ou encore Jean-Michel Aubry Journet, cofondateur du collectif #MusicToo, assurent avoir été démarchés pour RTL Belgique avant de découvrir leurs propos sur CNews. Ce dernier évoque "une histoire de morale et d’éthique" et refuse d’être "utilisé par une chaîne qui fait de nos communautés des cibles". L’avocate de plusieurs plaignantes, Myriam Guedj-Benayoun, parle de "trahison" et envisage une possible "usurpation d’identité", estimant que ses clientes n’ont pas reçu une information suffisante pour donner un consentement réellement libre et éclairé.

La riposte de Genton Productions et la bataille autour de l’éthique

Selon Guillaume Genton, producteur du film et patron de Genton Productions, aucune tromperie n’a été commise. Dans une story Instagram reprise par 20 Minutes, il affirme que le documentaire a été "commandé et produit pour une chaîne belge" et que "CNews a ensuite acquis les droits pour le territoire français". Il assure que "tous les intervenants ont signé une autorisation" mentionnant une diffusion possible "sur toute autre chaîne de télévision" et soutient qu’"à aucun moment nos équipes ne se sont présentées sous une fausse identité ou comme appartenant à un autre média dans le but de tromper qui que ce soit".

Proche de Cyril Hanouna et présenté par Mediapart comme un proche de Jordan Bardella, il estime que certaines personnes nourrissent "une haine viscérale à CNews pour des raisons personnelles et politiques […] Nous déplorons que leur idéologie les pousse à écrire des mensonges et travestir la réalité", tandis que le média d’investigation accuse la chaîne "d’appropriation de nos informations" et d’un "rapt de notre réputation".

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