
divertissement > people
Adversaire de Sarkozy en 2012, cette candidate à la présidentielle se réjouit d'une "justice qui fonctionne”

L’annonce a secoué le pays. Au lendemain de l’incarcération de Nicolas Sarkozy, condamné dans l’affaire des financements libyens, les réactions se multiplient. Entre indignation politique et tribunes d’opinion, la décision de justice continue d’alimenter le débat.
Nicolas Sarkozy incarcéré : cette ancienne candidate à la présidentielle donne son avis sur l'affaire
Mais une voix, celle d’Eva Joly, ancienne magistrate et figure emblématique de la lutte anticorruption, s’est démarquée par sa fermeté. Candidate écologiste à l’élection présidentielle de 2012, celle qui avait alors affronté Nicolas Sarkozy sur le terrain politique, salue aujourd’hui "une justice qui fonctionne". Ancienne juge d’instruction devenue eurodéputée, Eva Joly connaît mieux que quiconque les rouages du système judiciaire. Dans une tribune publiée dans La Croix, elle s’en prend à ce qu’elle décrit comme "un naufrage médiatique", critiquant la manière dont une partie de la presse et du monde politique a traité cette affaire. Selon elle, le débat s’est trop souvent écarté des faits. "C’est un naufrage médiatique en effet. Beaucoup de journalistes se sont concentrés sur les sentiments et ont avalé la thèse selon laquelle Nicolas Sarkozy serait victime d’une vengeance des juges".
"Une hypothèse complètement folle"
Pour elle, l'emballement médiatique a été trop fort : "Une hypothèse complètement folle au regard de la cinquantaine de magistrats qui ont traité de ce dossier. L’évidence, c’est la délinquance qui est ici établie d’une façon éclatante. Nicolas Sarkozy et sa famille sont libres de se défendre, mais que d’autres dignitaires se comportent comme des vassaux n’est pas normal…", écrit-elle. Pour Eva Joly, le jugement rendu par la justice française représente bien plus qu’une simple décision judiciaire : c’est le symbole d’un État de droit encore capable d’impartialité, malgré les pressions.
Elle se félicite pour cette condamnation
Dans cette affaire, l’ex-présidente de la 9e chambre correctionnelle estime que les faits parlent d’eux-mêmes. "Autrement dit, dans ce cas, le fait de se compromettre avec une puissance étrangère, qui plus est terroriste, représente une atteinte à la nation. Cette décision est le signe d’une justice française qui fonctionne correctement, or il n’y a pas beaucoup de pays dans le monde capables de rendre un tel jugement." Ces mots, prononcés avec gravité, résonnent d’autant plus fort que leur auteure fut, en 2012, l’adversaire directe de Nicolas Sarkozy, condamné mais qui a fait appel, lors de la présidentielle. Sa carrière a toujours été marquée par une exigence éthique sans concession, de l’affaire Elf à ses combats européens contre les paradis fiscaux. Alors que la classe politique se divise entre indignation et soulagement, Eva Joly, elle, préfère saluer le travail des magistrats.
À lire aussi sur Nextplz:



