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À Menton, Louis Sarkozy défié par le RN : cette promesse pour l’Élysée qui affole déjà la droite

A Menton, petite ville de la Riviera, les municipales de mars 2026 ne ressemblent pas à un scrutin banal. Sur les marchés, les affiches de Louis Sarkozy, 28 ans, croisent celles de la députée du Rassemblement national Alexandra Masson. Entre selfies, caméras et meetings, le fils cadet de Nicolas Sarkozy transforme la campagne locale en feuilleton national, pendant que la droite traditionnelle cherche encore ses repères. Lui revendique d’emblée un destin au‑delà des frontières de Menton. "Si je gagne, je serai président de la République", lance Louis Sarkozy, cité par le Nouvel Obs. La permanence de sa liste a déjà été vandalisée, avec un tag "FDP : fils de prisonnier" en écho aux déboires judiciaires de son père. Derrière ce décor très politique, les chiffres rendent pourtant la bataille presque imprenable.
Municipales 2026 à Menton : une campagne locale qui ressemble à un tremplin national
Menton compte environ 30 000 habitants et 22 000 inscrits sur les listes électorales, soit à peine 5 000 voix nécessaires pour devenir maire. Installé récemment, l’ex‑chroniqueur télé se présente comme "Mentonnais d’adoption" et sillonne quartiers et front de mer. Il mène la liste Le Renouveau Mentonnais, 41 colistiers dont seulement trois anciens élus, issus du commerce, de la santé, du sport ou du milieu associatif. Pour défendre cette équipe, il parle de "l’incarnation la plus pure du renouveau" et d’une liste "libérée des querelles de clans". Son programme en dix engagements se concentre sur quelques priorités :
- le logement pour les habitants, dans une ville où la moitié des logements sont des résidences secondaires ;
- la sécurité, avec dix policiers municipaux supplémentaires et une brigade cynophile ;
- une baisse de 5 points de la taxe foncière, financée par des économies de fonctionnement et des subventions.
A Menton, Louis Sarkozy face à un Rassemblement national solidement installé
Depuis plusieurs scrutins, Alexandra Masson domine la vie politique locale. Aux législatives de 2022 puis de 2024, la députée RN a dépassé 56 % des voix à Menton, élue dès le premier tour en 2024. Pour les municipales des 15 et 22 mars 2026, elle conduit une liste estampillée RN, dans une ville longtemps tenue par la droite mais où l’électorat s’est nettement déplacé vers le parti de Marine Le Pen. Un sondage ELABE publié le 25 février place Alexandra Masson en tête du premier tour à 31 %. Louis Sarkozy est mesuré à 16 %, derrière une gauche unie emmenée par Laurent Lanquar‑Castiel (17 %) et une droite locale divisée entre Sandra Paire (17 %) et Florent Champion (15 %). Dans tous les scénarios testés de second tour, la candidate RN reste largement favorite, même face à une droite rassemblée.
Alliance de la droite, ambiguïtés avec le RN et pari présidentiel
Pour tenter de contrer cette avance, Les Républicains, Horizons et Renaissance ont choisi de soutenir Louis Sarkozy. Officiellement, l’objectif est de faire de lui le meilleur barrage à la victoire du RN. Ce choix crée un malaise chez plusieurs responsables de Renaissance, qui redoutent des dégâts d’image et demandent une ligne claire. La gêne s’est accentuée quand le candidat a affirmé être prêt à "travailler avec Reconquête et le Rassemblement national, tout sauf LFI". Face aux critiques, il a rectifié le tir sur le terrain mentonnais, en s’en prenant aux "petits arrangements" passés entre certains élus et le RN. Sur scène, son discours se veut ferme : "La droite est de retour. Et elle ne ploiera pas le genou devant le Rassemblement national." Reste qu’à quelques jours du scrutin, entre ambition nationale affichée et rapports de force locaux défavorables, la conquête de l’hôtel de ville ressemble toujours à un pari à très haut risque.
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