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Violée par son père d’accueil policier, Erika attend justice depuis trente ans : « Cette histoire me ronge »

Dossier détruit, plaintes égarées, silence des institutions... Depuis l’adolescence, Erika se bat pour faire reconnaître les viols qu’elle a subis. Une vie suspendue entre cauchemars et déni judiciaire.
Elle avait 9 ans quand les agressions ont commencé. Aujourd’hui, à 45 ans, Erika Diot porte toujours les mêmes nuits sans sommeil, les mêmes blessures que la justice n’a jamais vraiment regardées. Placée à 16 mois dans une famille d’accueil près d’Angers, elle est violée pendant plusieurs années par celui qu’elle appelle alors « papa », un policier en activité. « Le jour où je dormirai bien, c’est soit que je suis morte, soit que j’ai été confrontée à lui pour lui dire qu’il a saccagé ma vie », dit-elle aujourd’hui au journal « Le Parisien ». Dès qu’elle parle, adolescente, elle est traitée de menteuse, menacée, et finalement renvoyée au silence. Une première plainte est déposée en octobre 1995, à l’aide du père d’une amie. Elle a 15 ans. Elle est examinée par un gynécologue. Mais la procédure s’arrête là. Plus jamais convoquée. Pas de suite, pas d’enquête, pas de confrontation. Le jour de ses 18 ans, la Ddass lui demande simplement de quitter le foyer. Erika enterre tout.
Un appel qui rouvre la plaie
C’est en 2018, quelques semaines après avoir accouché, qu’un appel de la gendarmerie fait tout ressurgir. Un policier la contacte « à titre de renseignement » sur son ancien père...



