logo Elle

Mort de Loana : icône exploitée, victime ignorée, la grande oubliée de #MeToo

Mort de Loana : icône exploitée, victime ignorée, la grande oubliée de #MeToo
Publié le

Retrouvée morte mercredi, Loana Petrucciani laisse derrière elle bien plus qu'une figure de la télé-réalité. Ue femme victime de multiples violences, que l'on a regardée sans jamais la reconnaître pour ce qu'elle était : l'une des grandes oubliées de #MeToo.

On voudrait croire qu'elle était une étoile filante. Gloire fulgurante, fin tragique. Une fille un peu paumée que la célébrité aurait abîmée. On voudrait réduire Loana Petrucciani, décédée mercredi 25 mars à 48 ans, à cela : une parenthèse cathodique. On aimerait se dire que l'histoire commence en 2001, quand cette gogo danseuse du Sud débarque dans le Loft sous le regard condescendant d'un Benjamin Castaldi lui lançant « Vous savez Loana, il pleut quand même parfois à Paris », rapport à sa tenue. Parce que c'est là que commence « le spectacle ».

Certes Loana fut la patiente zéro de la télé-réalité française et de ses dérives. Mais ce n’est pas l’histoire d’un destin brisé par la lumière. Et se dire qu’elle n’a « pas supporté la célébrité », c’est encore une manière commode d’éviter de voir le reste : l’inceste, les violences conjugales, tout ce qui, bien avant le Loft, avait déjà abîmé sa vie. Comme le rappelle le journaliste Paul Sanfourche dans « Sexisme Story » (Seuil), Loana se trouvait « au carrefour des violences faites aux femmes ». Et aux enfants, pourrait-on ajouter.

Les filles victimes de violences sexuelles ont plus de risques de...

Publicité

À lire aussi sur Elle:

Accessibilité : partiellement conforme