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L'édito de ELLE : toutes « aigries », comme disent nos ados ?

Alors, toutes aigries ? Frustrées ? Tout juste bonnes à ressasser nos déceptions ?
« T’es aigrie ou quoi ? » Depuis quelque temps, votre ado n’a plus que ce mot à la bouche. Exemples glanés auprès de mères autour de nous. « Quand je dis non pour un nouveau jean, une virée Sephora ou inviter cinq copines à dormir. » Aigrie. « Quand je lui demande de faire la vaisselle ou de ranger sa chambre. » Aigrie. « Quand je lui fais remarquer que 12/20 c’est bien, mais pas dingue non plus. » Aigrie. « Quand je note que la prof de sa sœur est encore absente, et qu’elle n’aura eu que trois cours depuis janvier. » Aigrie. (« Elle a peut-être des problèmes, sa prof, t’es aigrie ou quoi ? »). « Bref, dès que je dis non ou qu’elle n’obtient pas ce qu’elle veut. » Aigrie.
Au-delà de ce qu’il peut y avoir de « mignon » à entendre un langage soutenu dans la bouche de sa progéniture – ça change de « wesh », « frère », « tu spawn » –, à la longue, la potion est un peu amère. Bien sûr, on peut toujours se rassurer en pensant que le mot n’est pas à prendre au pied de la lettre, que l’aigreur désigne ici un état plus global : « En gros, si mon ton l’agace », « Quand je suis de mauvaise humeur ou pas très disponible », « Dès que j’ouvre la bouche », constate le chœur des mères. Mais la récurrence interroge. Alors, toutes aigries ? Frustrées ? Tout juste bonnes à ressasser nos déceptions ? La réponse est…...



