actualites > société
L'édito de ELLE : n'oublions pas le droit à l'oubli

Trop d’anciens malades méconnaissent la loi : ils déclarent avoir eu un cancer, ce qui les pénalise auprès des organismes de crédit.
« Le droit à l’oubli »… Ça pourrait être un beau titre de roman, mais c’est surtout une avancée majeure pour les anciens malades, et en particulier ceux qui ont vaincu un cancer. Un principe inscrit dans la loi, qui permet aux personnes guéries depuis plus de cinq ans de ne pas déclarer leur pathologie au moment de contracter un crédit bancaire, et qui interdit par ailleurs les questionnaires de santé pour les emprunts inférieurs à 200 000 euros remboursables avant 60 ans. Jusqu’alors, les organismes de crédit traitaient les anciens malades comme des parias en leur imposant des surprimes pouvant aller jusqu’à 400 %.
10 ans après : l’information a-t-elle été bien transmise ?
Voté en 2016 et renforcé en 2022 dans le cadre de la loi Lemoine, ce « droit à l’oubli », porté depuis toujours par l’association RoseUp (qui accompagne et défend les femmes atteintes de tous types de cancer), vient de fêter ses 10 ans. Alors que près de 60 % des malades guérissent mais que les cas explosent*, notamment chez les jeunes, où en est-on aujourd’hui ? Le bilan est en clair-obscur, d’après RoseUp, qui appelle à la mobilisation**. D’abord, trop d’anciens malades méconnaissent ce droit à l’oubli et déclarent avoir eu un cancer, ce qui les pénalise. Ensuite, certains assureurs jouent sur le flou...



