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L'édito de ELLE : non, l'affaire Lyhanna n'est pas un « dysfonctionnement »

150 rassemblements sont prévus partout en France ce lundi 8 juin, à 19 heures, à l'appel de nombreuses associations. Une mobilisation nationale organisée pour rendre hommage à la jeune fille retrouvée morte le 4 juin dernier, mais aussi pour exprimer une colère quant au traitement judiciaire des violences faites aux enfants.
L’affaire Lyhanna n’est pas un « dysfonctionnement », elle est la norme. La mort abjecte de cette enfant de 11 ans n’est pas un accident regrettable, fruit d’une erreur individuelle, elle illustre le traitement judiciaire indigne des violences faites aux enfants. Le peu de poids qu’a leur parole. Quelques jours après sa disparition, le 29 mai dans le Gers, on découvrait que le principal suspect était déjà visé par un signalement et par deux plaintes pour viols sur mineures, l’une classée sans suite et l’autre coincée dans les méandres de notre système judiciaire. Contraint de réagir face à l’émoi national, le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, s’est dit « terrifié ». Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, « choqué ». Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement, a qualifié le meurtre de Lyhanna d’« absolument insupportable », s’est interrogée sur la place donnée à la parole des victimes et sur le déroulement des enquêtes. Comme s’ils tombaient des nues. Comme s’il n’y avait pas de précédents. Comme s’ils n’étaient pas en mesure de faire changer les choses, eux qui sont au pouvoir...



