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L'édito de ELLE : entendre le cri des Afghanes

L'édito de ELLE : entendre le cri des Afghanes
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Le droit des Afghanes recule dans le plus grand des silences. Chez ELLE, nous continuerons de porter leurs voix.

Vous êtes une fillette afghane de 8 ans, promise à un inconnu par votre père ou votre grand-père. À 16 ans, quand vous aurez atteint l’âge légal pour entamer une vie conjugale, vous devrez désormais vous rendre devant un tribunal pour dire que vous n’êtes pas d’accord, faute de quoi, le contrat de mariage sera valide. Depuis leur retour au pouvoir il y a cinq ans, les talibans avaient interdit successivement aux filles de suivre des études au-delà de l’école primaire, d’exercer la plupart des métiers, de marcher en public sans être entièrement couvertes, de fréquenter un parc, une salle de sport ou un institut de beauté. Et voilà qu’un décret, publié mi-mai, vient marquer un nouveau recul de leurs droits, dénoncé par la Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan (Manua).

Il faut voir, pour le croire, le porte-parole des talibans, Zabihullah Mujahid, expliquer que, beaucoup de fillettes étant « trop timides ou gênées » pour dire clairement qu’elles sont d’accord pour se marier, leur silence vaut consentement. Il faut lire, de ses propres yeux, l’article 5 d’un nouveau code (qui en compte 31) sur la séparation entre époux, qui en fixe les modalités pour les mineurs, rendant, en creux, le mariage des enfants possible. Alors que, en 2021, les talibans avaient « généreusement » fixé un âge minimal de...

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