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Le masculinisme : “Une machine à produire de la haine des femmes, mais aussi de l’auto-détestation ”

Le masculinisme : “Une machine à produire de la haine des femmes, mais aussi de l’auto-détestation ”
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Comment certains hommes en viennent-ils à transformer leur solitude en colère, puis en haine ? En creux, c’est aussi la question de l’éducation émotionnelle masculine que soulève Julien Chavanes, auteur du roman "Pilule noire", chez Plon. 

Dans Pilule noire, son premier roman, Julien Chavanes (ancien rédacteur en chef du magazine Néon) raconte la dérive d’un jeune homme happé par ces forums misogynes, croisée avec le regard d’une chercheuse qui les infiltre. À travers cette fiction ancrée dans le réel, il explore les mécanismes de la radicalisation masculine, sur laquelle il s'est longuement documenté. Il y décrypte l’idéologie incel, ses ressorts et les dangers bien concrets qu’elle fait peser aujourd’hui.

ELLE - Quel a été le déclic pour écrire ce livre ?

Julien Chavanes : En 2018, alors que j’étais rédacteur en chef du magazine Néon, nous avons publié un article sur le terrorisme misogyne en réaction à l’attaque à la voiture-bélier qui venait d’avoir lieu à Toronto et avait fait 11 morts, dont 9 femmes. L’auteur, un homme de 25 ans, avait publié sur son profil Facebook, juste avant son passage à l’acte, un message alors très énigmatique pour moi, dans lequel il annonçait que « la rébellion incel avait déjà commencé ». Ça m’a intrigué et j’ai voulu en savoir plus, notamment en fréquentant pendant plusieurs mois le forum principal de ce qu’il faut bien appeler la “mouvance” incel. J’ai...

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