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Le jour où j’ai découvert Jeanne Barret, scientifique invisibilisée… et l’effet Matilda

Le jour où j’ai découvert Jeanne Barret, scientifique invisibilisée… et l’effet Matilda
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En voyant que la ville de Paris allait prochainement inscrire 72 femmes scientifiques sur la tour Eiffel, j’ai repensé à Jeanne Barret dont une partie de ses découvertes a longtemps été attribuée à son compagnon. Son histoire dit tout de l’effet Matilda.

Il y a quelques années, j’ai découvert l’histoire de Jeanne Barret. Et, presque au même moment, l’effet Matilda. L’une est la première femme à avoir fait le tour du monde en bateau, déguisée en homme. L’autre désigne un mécanisme plus discret, plus cruel aussi. L’effacement systématique des femmes dans l’histoire des sciences. Le lien n’est, certes, pas évident au premier regard. Il est pourtant limpide, dans une histoire faite et écrite par les hommes. Et, en le découvrant, je n’ai pas tant ressenti de la surprise que de l’exaspération, une exaspération presque familière, tant ce mécanisme est ancien et parfaitement huilé. Je vous explique.

Il nous faut remonter au XVIIIᵉ siècle. Nous sommes alors sous le règne de Louis XV. C’est le temps des Lumières, des grandes expéditions et des récits d’aventures. Et dans ces récits, les héros sont presque toujours des hommes. Jeanne Barret naît dans ce siècle où la liberté des femmes dépend, pour beaucoup, de la volonté des hommes. D’abord gouvernante, c’est-à-dire invisible parmi les invisibles, elle rencontre le botaniste Philippe Commerson. Elle devient son élève, puis sa collaboratrice et rapidement sa...

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