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«L’amour se sépare-t-il du désir?»

Chère Mardi Noir,
L’amour, est-ce nécessairement le désir? L’amour se sépare-t-il du désir? Peut-il y avoir du désir sans amour, peut-il y avoir de l’amour sans désir?
Lisa
Chère Lisa,
«Désir ou amour? Tu le sauras un jour»: Axelle Red se posait aussi la question dans les années 1990, et nous tous par la même occasion. Avec cette idée que les deux seraient séparés, désir sexuel d’un côté et amour pur de l’autre. Et en effet, il n’est pas rare de se retrouver dans des relations amoureuses où au début le désir l’emporte –le désir de voir l’autre, de l’embrasser, de coucher ensemble– pour ensuite laisser la place à un amour durable qui serait de plus en plus dénué de sexualité. Comme si le fait de basculer dans l’amour nous obligeait à jouer une partition tellement intime que le désir s’estompe.
Un jour, mon ancienne psy m’a dit: «Au fond, votre mère vous aime mais ne vous désire pas.» En fait, elle avait reformulé l’expérience d’amour total que j’éprouvais à l’endroit de ma mère. Je ne sais même pas si elle l’a vraiment formulé ainsi, je lui avais rappelé ses mots quelques mois plus tard, elle avait semblé étonnée comme si elle ne les avait jamais prononcés. J’ai peut-être halluciné cette phrase, ou alors ma psy s’est dit pour elle-même «mince, j’en ai encore trop dit». Bref, peu importe qui l’a dit, cette formule me reste en tête.
L’amour, dans ma subjectivité, c’est l’amour…



