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Godrèche, Portolano… Qu’est-ce qu’une procédure-bâillon, qui fait taire les victimes des violences sexuelles ?

Judith Godrèche, Marie Portolano… Depuis #MeToo, celles qui brisent le silence sur les violences sexistes et sexuelles se retrouvent à leur tour sur le banc des accusées. Derrière ces plaintes en diffamation, un mécanisme bien rodé : les procédures-bâillons.
Mercredi 10 septembre, Judith Godrèche a annoncé sur son compte Instagram sa mise en examen pour diffamation à la suite d’une plainte du réalisateur Jacques Doillon qu’elle accuse de l’avoir abusée à 15 ans sur le tournage de « La Fille de 15 ans » en 1989. Derrière cette décision judiciaire se dessine un mécanisme désormais bien connu : celui des « procédures-bâillons », qui visent à réduire au silence celles et ceux qui dénoncent.
Judith Godrèche, Marie Portolano, Raphaëlle Rémy-Leleu, Sandrine Rousseau… La liste des femmes visées par une plainte en diffamation s’allonge depuis l’avènement de #MeToo. Ces plaintes s’apparentent à ce que les juristes appellent des procédures-bâillons. Une arme judiciaire détournée, qui transforme les victimes ou lanceuses d’alerte en prévenues. « Sans fondement réel, ces procédures visent principalement à intimider et limiter la liberté d’expression en impliquant les défendeurs dans un contentieux long et coûteux », notait ainsi le Sénat dans une étude publiée en janvier 2023.
Les procédures-bâillons, un outil d’intimidation
Théorisées aux États-Unis dans les années 1970, elles concernaient d’abord des...
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