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Féminicide de Nadia Hassade, récit d’un meurtre masculiniste qui ne dit pas son nom

Nadia Hassade a été tuée en octobre 2022 à Nantes par un inconnu misogyne. Un féminicide selon Anne Bouillon, l’avocate des enfants de la victime, qui résonne avec l’alerte récente du Haut Conseil à l’égalité (HCE) sur la montée des discours masculinistes.
Trois jours d’audience ont été nécessaires pour tenter de mettre des mots sur l’incompréhensible. Le 28 janvier dernier, la cour d’assises de Loire-Atlantique a condamné Venkatesh Chanemougame à vingt-cinq ans de réclusion criminelle pour le meurtre de Nadia Hassade, poignardée à vingt-cinq reprises un matin d’octobre 2022. Rien, dans ce dossier, ne renvoie à un féminicide conjugal, à un vol ou à une agression sexuelle. Si ce crime n’avait ni mobile crapuleux ni mobile sexuel, reste alors une question plus dérangeante, qui a traversé tout le procès. Pourquoi elle ?
Nadia Hassade ne connaissait pas son meurtrier. Il ne la connaissait pas non plus. Rien, ou presque, ne reliait cet homme alors âgé de vingt-trois ans, à cette mère de famille de quarante-huit ans. Pas la même génération, pas la même trajectoire de vie, seulement un quartier en commun, Bellevue, dans l’agglomération nantaise.
Au fil des débats, une évidence s’est imposée. Le féminicide de Nadia Hassade relevait d’un autre ressort : celui d’une violence dirigée contre une femme non pour ce qu’elle était aux yeux de son meurtrier, mais pour ce qu’elle incarnait. « C’est vraiment un...



