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Défier le braconnage : le quotidien d’Amandine Renaud, primatologue en République démocratique du Congo

Avec Dian Fossey comme idole, Amandine Renaud n’avait qu’un rêve : vivre en pleine forêt auprès des singes. Aujourd’hui fondatrice du centre de conservation P-WAC en République démocratique du Congo, elle lutte contre le braconnage des primates. Le 19 septembre dernier à Kinshasa, Amandine sauve in extremis trente-huit singes, tous traumatisés et durement blessés, elle nous raconte.
ELLE. Le trafic d’espèces sauvages rapporterait a minima 20 milliards de dollars par an. Comment en souffrez-vous en RDC ?
Amandine Renaud. Les européens ont tendance à croire que c’est le trafic local qui est responsable de la destruction de la faune, parce que les locaux mangent du singe et chassent les animaux de la forêt. Mais ce qui est le plus dévastateur, c’est le braconnage international déployé à grande échelle avec des armes de guerre. Et cette pratique est la cause de la déforestation.
ELLE. A qui profite-il ?
Le braconnage est orchestré pour répondre aux demandes des zoos, des centres de recherches, et aux souhaits de milliardaires qui veulent détenir des espèces exotiques chez eux. Il y a aussi du tourisme “animalitaire” : toutes les activités touristiques sur place et à l’étranger, où l’on considère les espèces sauvages comme approchables. Par exemple : faire un selfie avec son animal préféré, câliner les bébés... ces pratiques ne respectent pas les protocoles sanitaires, et pour un tas de raisons, nuisent à la vie des...



