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« À quoi ça sert de se souvenir si je ne peux plus obtenir justice » : vers la fin de la prescription pour les viols sur mineurs

Le 16 juillet, les députés ont voté l'imprescriptibilité des viols commis sur des enfants, un amendement adopté dans le cadre du projet de loi relatif à la protection de l'enfance. Une avancée historique que les associations réclamaient de longue date, portée aussi par une proposition de loi au Sénat. Derrière le texte, des vies entières suspendues au calendrier judiciaire. Isabelle et Fleur, victimes d'inceste, racontent le couperet de la prescription.
Un vote historique. Alors que l’Assemblée nationale examinait le projet de loi « relatif à la protection des enfants », les députés ont adopté, par 93 voix contre 51, un amendement du député écologiste Arnaud Bonnet, visant à rendre imprescriptibles les viols, les violences ayant entraîné la mort ou encore les tortures infligées à des enfants.
Le constat est glaçant : 160 000 enfants sont victimes de viols ou d’agressions sexuelles chaque année en France, d’après les chiffres de la Commission sur les violences sexuelles faites aux enfants (CIIVISE). Mais combien d’entre elles et eux pourront encore déposer plainte une fois adultes, avant que le délai légal ne se referme ?
Violences sur mineurs : pour les victimes, le couperet de la prescription
Pour Isabelle, le couperet de la justice est tombé il y a cinq ans. Elle avait 65 ans lorsqu’au cours d’une thérapie, après le décès de sa mère, elle a mis le doigt sur ce qu’elle n’avait jamais pu nommer : dans son enfance,...



