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Ruffin, Glucksmann, Faure, Joyandet: la saison politique des mains tendues est ouverte

Est-ce l’approche des élections européennes du 9 juin 2024? Est-ce la perspective d’une hypothétique victoire de Marine Le Pen à l’élection présidentielle 2027? Est-ce la crainte pour le parti Les Républicains (LR) de se voir phagocyté définitivement par l’extrême droite? Est-ce la peur de La France insoumise (LFI) de se retrouver isolée en raison des choix stratégiques de Jean-Luc Mélenchon, alors qu’une sourde bataille de succession est déjà engagée au sein du mouvement? Sont-ce les réflexions silencieuses des tendances rivales du Parti socialiste (PS) sur l’avenir de la social-démocratie? C’est probablement un peu de tout ça.
Il est difficile de déterminer avec certitude le facteur dominant du maelström actuel de la vie politique. Toujours est-il que l’ensemble de ces facteurs conduit à des mouvements souterrains mais bien réels. L’ancien Premier ministre Édouard Philippe avait trouvé, en son temps, c’est-à-dire au début du premier quinquennat d’Emmanuel Macron, une image pour résumer la recomposition du paysage politique français: «La poutre travaille encore. Laissons-la travailler, c’est le meilleur moyen de ne pas l’avoir dans l’œil.»
Il s’agissait alors d’évoquer les effets délétères de l’émergence soudaine d’Emmanuel Macron et du macronisme sur les deux composantes qui avaient jusqu’ici structuré la gouvernance politique du pays depuis les débuts de la Ve République: la…



