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Bouna Traoré : son frère revient 20 ans plus tard sur sa reconstruction, et lance un message fort, "il reste une force pour moi »

Le 27 octobre 2005 reste gravé dans la mémoire collective. Ce jour-là, Bouna Traoré (15 ans) et Zyed Benna (17 ans) perdaient la vie, électrocutés dans un transformateur EDF à Clichy-sous-Bois, alors qu’ils fuyaient la police après un simple match de foot. Ce drame avait déclenché trois semaines d’émeutes dans toute la France et marqué un tournant dans la relation entre les jeunes des cités et les forces de l’ordre. Vingt ans plus tard, Hadémou Traoré, le petit frère de Bouna, s’est confié à France Info sur son long chemin de reconstruction. Aujourd’hui âgé de 32 ans, éducateur sportif et gérant d’un food-truck, il témoigne avec émotion d’un deuil impossible, mais aussi d’une volonté intacte d’agir pour la jeunesse de sa ville.
Une reconstruction marquée par le sport et la résilience
Hadémou Traoré avait 12 ans quand tout a basculé. « J’étais perdu, je ne savais pas quoi faire, quoi penser. Je n’y croyais même pas au départ », confie-t-il. Le jeune garçon d’alors trouve refuge dans le football, discipline qui l’éloigne de Clichy-sous-Bois et lui offre un nouvel horizon, d’abord au FC Nantes, puis au Paris FC. Mais les images de l’époque restent gravées : « Ces cris, ces pleurs, ces voix… Le mot deuil, c’est un mot qu’on a sorti du dictionnaire. Pour les gens qui le vivent, ça n’existe pas. Mais on avance malgré ça. » Installé de nouveau à Clichy-sous-Bois, Hadémou consacre aujourd’hui son énergie aux jeunes du quartier : « C’est important de redonner ce qu’on a pu recevoir. Si je peux conseiller, je conseille, je suis là pour eux. » Une manière pour lui d’honorer la mémoire de son frère : « Il reste une force pour moi aujourd’hui, son sourire, sa gentillesse, son état d’esprit. Même si ça fait vingt ans, il reste mon modèle. »
L’espoir et la méfiance depuis le décès de Bouna Traoré
S’il parle désormais avec apaisement, Hadémou Traoré reste lucide face aux tensions persistantes entre jeunes et forces de l’ordre. « Avec la police, ça reste encore très difficile, surtout avec tous les événements qu’il y a pu avoir… Je pense à Nahel, à Adama… C’est un nouveau combat. » Ce lundi 27 octobre, un arbre a été planté devant le collège de Zyed et Bouna, en présence des familles. Un geste symbolique, pour ne pas oublier. Deux décennies plus tard, Clichy-sous-Bois porte encore les cicatrices de ce drame. Mais grâce à des voix comme celle d’Hadémou, elle porte aussi l’espoir d’une génération qui refuse que l’histoire se répète.
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